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Chapitre 10-1 – Donlangue
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Chapitre 10-1 – Donlangue

Le décurion Caius Bonus eut très peur, quand il vit Rintam qui arborait un sourire sadique. L’ambitieux savourait la terreur qu’il inspirait, il se délectait de voir la frayeur dans les yeux du décurion. Il hésitait sur la méthode à adopter pour mettre dans un sale état Caius. Il pouvait demander à des orques de taper comme des forcenés sur le décurion. Cela faisait un certain temps que Rintam ne jouit pas du spectacle de la brutalité à l’état pur. Même s’il aimait passer pour une personne subtile, il adorait les manifestations de violence. Il prenait un plaisir sadique à voir des faibles subir une domination physique. Il goûtait avec plaisir les déchaînements de barbarie de ses subordonnés.

L’ambitieux ressentait aussi l’envie de tester les nouveaux outils de torture qu’il acquit récemment, il paya un prix élevé des couteaux doloris. Ces couteaux disposaient d’une propriété spéciale, ils infligeaient une douleur incroyable, quand bien même ils ne servaient qu’à faire une égratignure.

Rintam se rendit compte que certains des nouveaux aménagements de sa salle de torture personnelle, ne servirent que sur une ou deux victimes. L’ambitieux se dit que ce serait bête de ne pas en profiter plus. Puis il ressentit de la nostalgie quand il découvrit des outils de supplice anciens, tels que sa roue. Il y avait bien six mois que Rintam n’utilisa pas sa roue, pour causer des déchaînements de souffrance.

L’ambitieux s’avérait perplexe, il ne savait pas quelle manière de torturer il devait choisir. L’hésitation que le décurion perçut lui redonna de l’espoir. Puis il déchanta vite quand il remarqua la lueur de plaisir qui brillait dans les yeux de Rintam. Le désespoir donna envie à Caius de se mordre la langue, jusqu’à ce qu’il la coupe. Cependant bien que sa situation soit très claire, le décurion voulut poser une question.

Décurion (angoissé) : Qu’allez-vous me faire ?

Rintam : Tu as voulu me nuire, alors je vais te tuer à petit feu, sauf si tu me donnes une très bonne raison de t’engager.

Décurion : Je suis très propre, je me lave au moins une fois par semaine.

Rintam : Mauvaise réponse, les gens propres mettent beaucoup d’argent dans l’eau et le savon. Or je n’aime pas les subordonnés dépensiers.

Décurion (terrorisé) : Je chante très bien, ma voix est exceptionnelle.

Rintam : Ce dont j’ai le plus besoin c’est de guerriers pas de chanteurs. Je te donne une dernière chance, si ta dernière réplique n’est pas intéressante, tu peux te préparer à mourir.

Décurion (complètement paniqué) : Je coupe en deux moitiés presque parfaites les pommes ! Je suis le roi de la coupe symétrique !

Rintam : Parfait je t’engage, tu seras mon éplucheur personnel de pommes, j’aime les fruits coupés comme il faut.

Rintam l’ambitieux satisfait des services de son éplucheur, promut rapidement le décurion. Il lui permit de participer à des missions vitales pour son activité de conquête. Deux semaines après l’embauche du décurion, Rintam l’avare s’entretint avec Gron le gobelin bêta son larbin. Il se lamentait intérieurement, bien que l’argent rentre continuellement, et que les sommes gagnées augmentaient de mois en mois.

Si du point de vue des affaires financières l’ambitieux s’en tirait très bien, vu qu’il brassait une petite fortune chaque semaine, qu’il effectuait des placements très juteux, qu’il arrivait à déterminer les meilleurs secteurs où investir, la réussite de Rintam ne s’avérait pas pleine et entière. En effet l’avare n’inspirait pas une grande crainte. Au contraire certains riaient même franchement, quand ils entendaient parler de Rintam.

Or l’ambitieux souhaitait que des groupes entiers essayent de le tuer. Que son prénom provoque des frémissements de peur chez les champions du bien, que les défenseurs de la justice se liguent contre lui. Problème personne de réputé ne venait prendre d’assaut son donjon. Même les aventuriers débutants qui peinaient à se faire un nom, considéraient avec mépris la demeure de Rintam.

Cet état de fait causait un vif découragement chez l’avare. L’ambitieux étudia pendant des jours et des jours un moyen de redresser la barre, de redorer sa réputation, mais il ne trouvait pas de solution.

Rintam aurait pu s’estimer heureux d’avoir la santé, la liberté et la fortune, des choses pour lesquelles certains vendraient leur père et leur mère. Toutefois l’avare était cupide, il souhaitait inspirer la crainte à l’échelle du monde de Gerboisia. Il voulait que son nom soit célèbre sur chaque continent.

L’ambitieux choisissait une voie risquée, vu que la célébrité constituait le commencement des ennuis. Mais Rintam s’en fichait, il désirait plus que tout devenir une référence. Il invita dans sa chambre remplie de miroirs Gron, afin de lui proposer une nouvelle mission.

Rintam : Gron j’ai une nouvelle idée diabolique pour attirer les aventuriers, en particulier les magiciens dans mon donjon. Je veux que tu ailles me chercher le Donlangue, le parchemin qui permet de comprendre des milliers de langues écrites et parlées. Il se trouve dans la ville de Xapar, chez Démétrius le collecteur d’objets rares.

Gron : En quoi un parchemin qui permet de parler ou de lire plein de langues intéressera les magiciens ? De nos jours la majorité des gens parle le commun. Ce constat ne s’applique pas seulement aux humains, mais aussi aux nains, aux elfes, aux orques, aux hobbits, aux ogres, aux kobolds, aux skavens, aux sirènes, aux fées, aux yétis, aux géants, aux gobelins, aux loups-garous.

Rintam : C’est bon tu n’as pas besoin de réciter, toute la liste des membres des espèces intelligentes, pour que je comprenne ce que tu dis. Tu oublies que beaucoup de documents et de grimoires permettant d’apprendre la magie ne sont pas rédigés en commun, mais dans des langues très compliquées. Alors avant de pouvoir jeter un sort intéressant, certains mages doivent d’abord passer des années à étudier une langue. Si je possède le Donlangue, mon donjon va devenir un des lieux de passage les plus fréquentés du monde pour les aventuriers.

Gron : Pourrais-je amener avec moi une équipe d’orques pour assurer ma sécurité ?

Rintam : Hors de question, comme dans un cambriolage la discrétion est un facteur essentiel, la seule personne qui ira avec toi, sera le décurion.

Gron : Le problème est que je risque d’être blessé voire pire en cas de pépin, si je suis seulement avec le décurion.

Rintam : Et alors que veux-tu que cela me fasse ? En tant que génie du mal, si je veux connaître une ascension fulgurante, je ne dois pas me soucier de ce qui arrive à mes pions.

Gron : Vous êtes vraiment une pourriture. Vous êtes pourri jusqu’à l’os, personne n’est plus maléfique que vous.

Rintam : C’est gentil de me complimenter, mais cela ne te dispensera pas d’accomplir la mission que je t’ai confiée.

Gron : Comment avez-vous découvert que Démétrius possédait le Donlangue ?

Rintam : Un traducteur humain qui arrive à connaître plus de cinquante langues, cela fait beaucoup. Surtout que Démétrius est une personne d’une intelligence moyenne.

Gron : En parlant de langue je suis en train d’inventer un nouveau langage avec mes rots. Cela vous intéresse de m’entendre ?

Rintam : Si je créais une taxe sur les délires, tu serais ruiné.

Gron (sincère) : Aucun souci, vous ne vous êtes engagé à créer au maximum cinq mille taxes par an. Donc j’ai six mois pour mettre de l’argent de côté.

Rintam (irrité) : Gron, je vois que le sarcasme ce n’est pas encore une aptitude intellectuelle accessible pour toi. Va te préparer pour le vol.



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